Présentation de l’ouvrage « Précis d’histoire de l’Eglise »

Chères lectrices, chers lecteurs,

les vacances d’été peuvent être l’occasion de lire un ouvrage intéressant afin d’associer détente et culture. Je vous propose aujourd’hui la fiche de lecture d’un livre susceptible de vous intéresser, Précis d’histoire de l’Eglise de Jules-Marcel Nicole.

9782903100216

Introduction générale

La quatrième de couverture ne présente pas l’ouvrage comme c’est l’usage mais nous informe sur l’auteur (Jules-Marcel Nicole, 1907/1997, a été professeur à l’Institut Biblique de Nogent). Le livre comprend une très brève introduction générale que voici:

Le mot église est la transcription du grec Ekklésia, qui veut dire assemblée; étymologiquement, ce mot vient de ek : hors et de kaléo : appeler. Ce terme indique donc la relation qui existe entre l’Eglise et son chef Jésus-Christ : elle est appelée, elle doit être unie à Lui. Il indique aussi la relation qui existe entre les divers membres, ils forment une assemblée, un tout. Il indique enfin la relation qui existe entre l’Eglise et le monde : ek, hors de, elle doit en être séparée, tout en agissant sur lui (Jean 17.15).

Ce que nous venons de dire s’applique essentiellement à l’Eglise invisible qui groupe tous les chrétiens vraiment régénérés de tous les temps. Mais l’histoire de l’Eglise invisible est elle-même invisible. Nous ne pouvons étudier que l’histoire de l’Eglise visible, c’est-à-dire des institutions qui ont groupé ceux qui se déclarent chrétiens, qu’ils fussent régénérés ou non.

Nous avons le droit, cependant, d’employer le mot Eglise pour désigner cet ensemble visible. Ce n’est pas sans raison que dans le Nouveau Testament le même terme désigne tantôt l’Eglise Universelle corps du Christ (premier exemple en Mt 16.18) tantôt une assemblée locale, nécessairement imparfaite (Mt 18.18, Jésus lui-même emploie le mot ekklésia dans ce sens), tantôt l’ensemble des églises visibles (Ac 9.31)

Plan détaillé de l’ouvrage

Vous trouverez ci-dessous le plan détaillé du livre, avec l’ensemble des titres des chapitres et sous-chapitres.

1ère période – l’Eglise persécutée (30/313)

1ère partie – L’Eglise apostolique

Les sources, le monde ancien à la naissance de l’Eglise, la fondation de l’Eglise, les conquêtes de l’Évangile, la doctrine de l’Eglise apostolique, la vie ecclésiastique.

2e partie – L’Eglise des Martyrs

Les Pères apostoliques, les grandes persécutions, les apologistes, la théologie aux IIe et IIe siècles, la formation du catholicisme primitif, le culte, morale et discipline.

2e période – L’Eglise dominatrice (313/1517)

1ère partie – L’Eglise impériale

L’Eglise et les empereurs romains, la controverse arienne, les courants théologiques en Orient, la théologie en Occident, l’érudition chrétienne, gouvernement ecclésiastique et clergé, débuts du monachisme, le culte.

2e partie – L’Eglise pendant les bouleversements du Moyen Age

L’Eglise d’Occident en face des invasions germaniques, le monachisme en occident, l’Eglise d’Orient aux VIe et VIIe siècles, la politique papale aux VIIe et VIIIe siècles, l’Eglise d’Orient aux VIIIe et IXe siècles, la renaissance carolingienne, l’Eglise sous la féodalité, le schisme d’Orient, les débuts de l’Eglise russe.

3e partie – L’Eglise à l’apogée de la puissance papale

La papauté et l’état, lutte contre les infidèles, les ordres religieux, la théologie, culte et discipline, premières réactions contre le système catholique, l’inquisition.

4e partie – L’Eglise pendant le déclin du système catholique

Déclin de la puissance papale, déclin des manifestations de la puissance catholique, les mystiques, les précurseurs de la réforme.

3e période – L’Eglise pendant le déclin du système catholique

1ère partie – La réforme

Les causes de la réforme, la réforme luthérienne, la réforme calviniste, la réforme anglicane, la réforme dissidente.

2e partie – Contre-réforme

Réorganisation intérieure du catholicisme, lutte entre le catholicisme et le protestantisme, histoire intérieure des églises protestantes.

3e partie – Épanouissement de la foi

Suite des luttes religieuses, la catholicisme au XVIIe siècle, histoire intérieure des églises protestantes.

4e partie – Période du rationalisme

Les attaques contre la foi chrétienne, la lutte pour la tolérance, affaiblissement de la foi, réveils du XVIIIe siècle.

4e période – L’Eglise missionnaire, 1792 à nos jours

Le protestantisme de langue française, le protestantisme britannique, le protestantisme américain, le protestantisme de langue allemande, pays nordiques, évangélisation des catholiques et des orthodoxes grecs, les travaux d’érudition, l’action sociale, efforts de concentration, le catholicisme romain, les églises d’Orient.

Extrait

Je vous propose un extrait sur les précurseurs de la réforme. Nous sommes à la fin de la deuxième période, page 131:

Chapitre IV

LES PRÉCURSEURS DE LA REFORME

Nous avons vu avant cette période et dans la précédente plusieurs mouvements d’opposition au système catholique. Le seul cependant qui, jusqu’à présent, laisse vraiment présager la réforme du XVIe siècle, c’est le mouvement Vaudois. Aux XIVe et XVe siècles, nous voyons en surgir d’autres.

Wycliffe (1331/1384) Professeur à Oxford, il se borna pendant longtemps à s’élever contre l’immoralité des moines et l’avarice des papes. Le schisme d’Occident, à la fin du XIVe siècle, lui inspira des doutes sur l’autorité papale; il fut alors exclu de l’université d’Oxford, mais il resta curé du petit village de Lutterworth et mourut paisiblement.

Pour lui, la Bible seule fait autorité en matière de foi; il rejette la papauté et la tradition. Aussi a-t-il entrepris de traduire la Bible en anglais. Cet ouvrage ne fur achevé qu’après sa mort. Wycliffe a combattu plusieurs erreurs catholiques, en particulier la transsubstantiation.

Ses disciples ont parcouru l’Angleterre, lisant et expliquant la Bible. On les a flétris sous le nom de Lollards (gens qui parlent à voix basse). Malgré les persécutions, ils se sont maintenus jusqu’à l’époque de lé réforme.

Jean Hus (1369/1415) La Bohême a eu de tout temps certaines velléités d’indépendances au point de vue ecclésiastique. Jean Hus, né à Hussinetz, après d’excellents études, devint professeur et prédicateur à Prague…

A qui s’adresse l’ouvrage?

Comme vous le constaterez en parcourant le plan du livre, le menu est complet et embrasse toutes les périodes. En moins de 300 pages, un format relativement compact, c’est une performance! La lecture est agréable, le style efficace. On pourra regretter parfois le manque de détails, par exemple les biographies des personnages évoqués dans le livre ne sont pas très fournies. L’optique étant de produire un précis, nous ne pouvons blâmer l’auteur pour ça.

La lecture de ce petit livre vous permettra de découvrir ou redécouvrir l’histoire de l’Eglise en relativement peu de temps. Malgré la concision les informations sont nombreuses, en particulier sur les controverses des premiers siècles et la patristique. En somme une bonne façon de disposer d’un support qui centralise l’état de la recherche sur l’histoire de l’Eglise. Pour entrer plus avant dans les détails, il faudra se référer à un ouvrage spécialisé sur telle ou telle période.

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