La coolitude des nouvelles spiritualités

Chères lectrices, chers lecteurs,

nous revenons ce vendredi sur le phénomène des nouvelles spiritualités. En quoi sont-elles toutes plus attirantes les unes que les autres? Quelle est la recette du succès? Sans doute la coolitude qu’elles représentent aux yeux de nos contemporains. Voyons ça de plus près!

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Petit préambule avant d’entrer dans le vif du sujet

Le présent article n’est pas une attaque en règle contre les pratiquants de ces nouvelles spiritualités. Il vise simplement à mettre en lumière certains aspects de ces pratiques et les méthodes sociales employées pour les faire prospérer.

Ne soyez pas étonnés si je classe le bouddhisme et l’hindouisme dans les nouvelles spiritualités. Certes ces confessions sont antérieures à la venue de notre Seigneur, cependant le fait qu’elles sont en vogue en occident et particulièrement en France est un fait relativement nouveau. Il s’agit donc de nouvelles spiritualités pour nous (en comparaison la présence de communautés chrétiennes est attestée en Gaule dès le IIe siècle).

Ce que la culture post-68 a changé

Les années 60 ont été le berceau d’une certaine révolution culturelle. De nombreux groupes de musique se font formés à cette période, des groupes qui ont eu une influence durable. Les valeurs défendues par l’idéologie de mai 68 faisaient la promotion de la liberté et de l’épanouissement. Beaucoup de groupes et de mouvements spirituels, voir technologiques (le passage des Beatles dans la communauté du Maharishi, le « voyage initiatique » de Steve Jobs en Inde un peu avant la création d’Apple, la collaboration entre le guitariste de jazz John McLaughlin et le Mahavishnu Orchestra, etc…) se sont alors intéressés à la spiritualité orientale.

La première conséquence cocasse, c’est que ce mouvement, sous couvert de découverte et d’idéal, a contribué au fait de toujours aller chercher ailleurs le bonheur. Dans cette optique, le christianisme devenait poussiéreux et rigide, face aux charmes de l’orient lointain et des nappes douces et voluptueuses d’encens répandues avec tact et savoir faire.

L’effet des réseaux sociaux

Si vous perdez autant de temps que moi sur Facebook, vous avez assisté ces dernières années à l’émergence d’une nouvelle forme de communication: les panneaux Facebook. Ces panneaux produisent des citations (dont parfois l’attribution à une personne célèbre est hasardeuse…) inspirantes sensées vous faire voir la vie du bon côté. Beaucoup de citations sont attribuées au Dalaï-Lama (le dernier en date), à Gandhi, ou inspirées de la sagesse tibétaine ou hindouiste. On invoque plus difficilement dans le monde le message de l’évangile!

Avec ces effet des réseaux sociaux, on voit que les nouvelles spiritualités ont réussit un tour de force marketing, celui de passer pour des religions « cool ». Le bouddhisme est sans doute la religion la plus truffée de dogmes et de préceptes rituels, mais seul demeure sur les panneaux Facebook le regard engageant du Dalaï-Lama affublé d’une citation qui ferait pâlir d’envie Maître Yoda.

Une preuve de réussite sociale

Certains éléments représentent la réussite sociale. Par exemple, Apple produit des ordinateurs iMac avec une pomme proéminente et reconnaissable, c’est une preuve sociale quand on entre chez vous: vous avez un iMac, vous n’êtes pas n’importe qui et avez du goût en terme de matériel. Il en va un peu de même avec la spiritualité. Vous êtes chrétiens? Vous n’êtes pas dans le coup, ce n’est pas original. Si en revanche, à la faveur d’un brunch en terrasse à St Germain des Près, vous faites part de votre récent intérêt pour l’hindouisme, à vous l’attention et l’admiration de votre auditoire: « mais t’as trop raison! » « C’est super cool ce qui t’arrives » « en plus c’est top, j’adore l’encens! »

La Bible a-t-elle un coup de vieux?

On peut se demander si la Bible a pris un coup de vieux. Non bien entendu! Les moyens d’attirance des nouvelles spiritualités sont finalement assez marketing. Il y a la preuve sociale (les stars qui ont de la sympathie pour), la diffusion sur les réseaux sociaux, et le fait que pratiquer ces spiritualités a le vent en poupe sur la rive gauche de la Seine. Paul écrivait à Timothée:

2 Tm 4.1-5

1 Je t’en conjure devant Dieu et devant Jésus-Christ, qui doit juger les vivants et les morts, et au nom de son apparition et de son royaume, 2 prêche la parole, insiste en toute occasion, favorable ou non, reprends, censure, exhorte, avec toute douceur et en instruisant. 3 Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine; mais, ayant la démangeaison d’entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, 4 détourneront l’oreille de la vérité, et se tourneront vers les fables. 5 Mais toi, sois sobre en toutes choses, supporte les souffrances, fais l’oeuvre d’un évangéliste, remplis bien ton ministère.

Nous sommes invités à insister dans les périodes favorables et dans les périodes non favorables. Prêcher la parole n’est pas l’acte le plus populaire, en société et sur les réseaux sociaux (pas plus que sur la rive gauche de la Seine). La saine doctrine ne sera plus supportée, c’est un peu ce que nous vivons. Sous couvert de grands idéaux sociaux mai 68 a entraîné un marketing pour tout ce qui n’est pas disponible facilement géographiquement, il faut pour être bien aller chercher les choses loin (et souvent brûler quelques bâtons d’encens).

Ce sont ces fables, agréables à l’oreille, qui sont populaires en ce moment. Ne laissons pas à ces spiritualités le monopole des citations de bon sens! Avons-nous oublié la Bible? Avons nous oublié le livre des proverbes, qui regorge de principes et de sagesse? Par les panneaux Facebook et la coolitude branchouille qu’elles insufflent, les nouvelles spiritualités finissent par faire germer l’idée qu’elles détiennent le monopole de la sagesse et du bon sens (nous savons ce qui a été révélé à Paul au sujet de la vraie sagesse, la lecture de la première épître aux corinthiens est édifiante).

La proclamation de Christ mort et ressuscité n’est pas une mode ou une parole pour être branché. Peu importe le quartier, peu importe les gens, le message libérateur de l’évangile ne s’attache pas à une catégorie sociale de personnes.

Pour paraphraser la finale de l’évangile selon Matthieu, l’évangile doit être proclamé dans le monde entier. Même du côté gauche de la Seine…

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