Les manuscrits du Nouveau Testament

Chères lectrices, chers lecteurs,

après avoir vu mercredi dernier les manuscrits de l’Ancien Testament, article disponible ici, voici ce vendredi un petit aperçu des manuscrits du Nouveau Testament. Nous disposons d’un patrimoine scripturaire considérable, faisant du Nouveau Testament le texte le mieux préservé de l’antiquité.

P66 John 1

Les langues du Nouveau Testament

Le Nouveau Testament a entièrement été rédigé en grec. Il s’agit d’une forme de grec largement diffusé dans le bassin méditerranéen, plus simple que le grec littéraire classique. Il s’agit du Koinè. Si le grec est la langue de rédaction, il n’est pas impossible que ici ou là les choses soient un peu plus compliquées. On relève par exemple dans l’Évangile selon Matthieu des tournures hébraïques nettes, d’où l’hypothèse concernant cet évangile d’un original hébreu. On parle du substrat sémitique de l’Évangile selon Matthieu.

De façon marginale l’Évangile selon Marc comprend des termes dérivés du latin, ce qui n’indique pas une rédaction première en latin mais peut-être une destination de l’évangile à un lectorat romain.

Quelques termes araméens sont préservés dans les évangiles.

Le plus ancien Nouveau Testament complet – Le Codex Sinaïticus

Le Codex Sinaïticus, daté du IVe siècle de notre ère, est le plus ancien document (avec le Codex Vaticanus qui date sensiblement de la même période) à contenir l’intégralité du Nouveau Testament. Rédigé en grec koinè, le codex contient en plus la quasi-intégralité de l’Ancien Testament dans sa version grecque dite « des Septantes ».

Mentionné pour la première fois par un voyageur italien au XVIIIe siècle, il a fallu attendre le XIXe siècle et l’expédition menée par Constantin Von Tishendorf pour que soit étudié ce trésor archéologique. Le nom du codex vient du monastère où il a été trouvé, au pied du Mont Sinaï. Avec le Codex Vaticanus et d’autres représentants de ce qu’on appelle le texte minoritaire (moins diffusé mais plus ancien) il sert de base à bon nombre de traductions modernes du Nouveau Testament.

Précisons qu’il y a une étape entre le codex brut et la traduction en langue commune. Il y a la recomposition du texte grec. C’est ainsi que sur la base des codex et papyrus du Nouveau Testament, ont été composés le Textus Receptus d’Erasme au XVIe siècle (principalement à partir du texte majoritaire, dit texte byzantin, qui comprend entre autre le Codex Alexandrinus daté du Ve siècle), les textes de Tishendorf et de Nestle-Aland (basés essentiellement sur le texte minoritaire, dit texte Alexandrin, qui comprend entre autre le Codex Sinaïticus). C’est à partir de ces textes grecs recomposés que les Bibles sont traduites en français, espagnol, anglais, italien, etc…

Le plus ancien évangile entier – Le papyrus p66 (photo de l’article)

Le codex est en quelques sorte une forme luxueuse de transmission scripturaire, avant l’invention de l’imprimerie sa confection prenait beaucoup de temps et nécessitait une main d’oeuvre colossale pour éditer un seul exemplaire. C’est donc sous forme de textes séparés, copiés sur des papyri, que les textes du Nouveau Testament ont d’abord circulé.

Un des représentants les plus célèbres est le Papyrus 66, abrégé P66. Ce document contient la quasi-intégralité de l’évangile selon Jean et est daté de la fin du IIe siècle de notre ère. La date supposée de rédaction de l’évangile selon Jean étant 80 ou 90, le papyrus 66 est donc une copie ayant à peine 100 ans de plus que l’original. En terme de documentation et de manuscrit on appelle ça un véritable trésor!

Le plus ancien manuscrit du Nouveau Testament – p52

Le Papyrus 52, qui contient un (tout petit!) fragment de l’évangile selon Jean (deux passages du chapitre 18), est daté de 150, soit une soixantaine d’années après la date supposée de rédaction. Certes il ne reste qu’un petit fragment d’évangile sur cette copie, cependant elle atteste de la diffusion précoce de l’évangile dès les premiers siècles de notre ère. Disposer d’un témoin scripturaire aussi proche de l’original est important d’un point de vue documentation, comme nous allons le voir.

La force documentaire du Nouveau Testament

Pour synthétiser les choses, il existe quatre groupes de manuscrits du Nouveau Testament, répartis en fonction des lieux où ces manuscrits ont été trouvés ou exploités. Les deux principaux groupes sont, premièrement, le texte majoritaire byzantin, dont les plus anciennes composantes remontent au Ve siècle, c’est le texte le plus diffusé et celui qui comprend le plus de manuscrits (80% du total des manuscrits, soit près de 5500 pièces). Deuxièmement, il y a le texte minoritaire, dit Alexandrin, moins fourni en nombre de manuscrits mais dont certaines pièces (dont le papyrus 66) remontent au IIe siècle.

Les sources dont nous disposons pour reconstituer le Nouveau Testament sont donc 5500 manuscrits (une moyenne de plus de 200 par livre du Nouveau Testament!), certains représentant un livre complet datant de la fin du premier siècle, les plus anciennes traces ayant moins de 70 ans d’écart avec la date de rédaction originale. Vous voulez un point de comparaison? Les Commentaires sur la guerre des Gaules de Jules César, dont l’action se déroule au milieu du premier siècle avant Jésus-Christ, sont représentés par… une cinquantaine de copies, dont la plus vieille date du… IXe siècle de notre ère! Soit 9 siècle après les faits.

Le Nouveau Testament ne peut être comparé à rien. C’est un document unique, dont la solidité documentaire et la fiabilité des sources ne peuvent pas être remis en question. Porté par un nombre colossal de manuscrits, dont certains remontent à moins de 70 ans de la date de rédaction, le Nouveau Testament est sans aucun doute le texte le mieux préservé et le plus sûr de l’antiquité, en ce sens que nous sommes certains de son authenticité documentaire.

Une telle conservation à travers les âges ne doit rien au hasard, le Seigneur dans sa grâce a fait en sorte que les mots des apôtres, inspirés par le Saint-Esprit, arrivent intactes jusqu’à nous et traversent les siècles. Personne ne pourra détruire ce patrimoine, qui chaque jour nous édifie. Charge à nous de rendre grâce pour une telle bénédiction, preuve de l’amour de l’Éternel pour ses brebis, « ta parole est une lampe qui guide mes pas, elle est une lumière éclairant mon chemin » (Ps 119.150).

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