Les fêtes juives à travers l’Évangile selon Jean

Chères lectrices, chers lecteurs,

le calendrier juif est ponctué de nombreuses festivités en l’honneur de l’Éternel. Ces fêtes, pratiquées sous l’ancienne alliance, résonnent encore pour nous, bien des siècles après. L’Évangile selon Jean, qui diffère dans sa construction des trois évangiles synoptiques, montre en quoi ces fêtes n’ont fait qu’annoncer l’arrivée du Messie, et en quoi elles proclament sa gloire.

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La Pâque et le Temple de Dieu

La première fête évoquée dans l’Evangile selon Jean est la Pâque, qui est en préparation au moment où Jésus arrive à Jérusalem:

Jn 2.13-23

13 La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. 14 Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. 15 Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables; 16 et il dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. 17 Ses disciples se souvinrent qu’il est écrit : Le zèle de ta maison me dévore.

18 Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? 19 Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. 20 Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! 21 Mais il parlait du temple de son corps. 22 C’est pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Ecriture et à la parole que Jésus avait dite.

23 Pendant que Jésus était à Jérusalem, à la fête de Pâque, plusieurs crurent en son nom, voyant les miracles qu’il faisait.

Le passage n’évoque pas la Pâque elle-même, mais délivre une indication sur la réalité de la destruction du Temple, le Temple du corps du Christ qui sera ressuscité trois jours plus tard. Le seul sacrifice parfait, celui de Jésus-Christ agneau de Dieu, accomplira pleinement et parfaitement cette Pâques. La révélation a été progressive tout au long de l’histoire du peuple de Dieu, la révélation et objet de tout étant Jésus-Christ, maintes fois prophétisé dans l’Ancien Testament. La fête de Pâque, préfigurée par le sang des agneaux qui a évité la mort des premiers nés israélites du temps de Moïse, trouve son plein accomplissement avec le ministère terrestre de notre Seigneur Jésus-Christ.

Pourim, la délivrance

Un peu plus tard Jean rapporte un miracle survenu à Jérusalem:

Jn 5.1-9

1 Après cela, il y eut une fête des Juifs, et Jésus monta à Jérusalem. 2 Or, à Jérusalem, près de la porte des brebis, il y a une piscine qui s’appelle en hébreu Béthesda, et qui a cinq portiques. 3 Sous ces portiques étaient couchés en grand nombre des malades, des aveugles, des boiteux, des paralytiques, qui attendaient le mouvement de l’eau; 4 car un ange descendait de temps en temps dans la piscine, et agitait l’eau; et celui qui y descendait le premier après que l’eau avait été agitée était guéri, quelle que fût sa maladie.

5 Là se trouvait un homme malade depuis trente-huit ans. 6 Jésus, l’ayant vu couché, et sachant qu’il était malade depuis longtemps, lui dit : Veux-tu être guéri ? 7 Le malade lui répondit : Seigneur, je n’ai personne pour me jeter dans la piscine quand l’eau est agitée, et, pendant que j’y vais, un autre descend avant moi. 8 Lève-toi, lui dit Jésus, prends ton lit, et marche. 9 Aussitôt cet homme fut guéri; il prit son lit, et marcha. C’était un jour de sabbat.

De nombreux éléments exégétiques (voir note de la Bible du Semeur) nous invitent à penser que cette « fête des juifs », occasion d’une montée de Jésus à Jérusalem, est la fête de Pourim, à savoir la commémoration de la délivrance miraculeuse d’un massacre voulu par un vizir Perse. Le livre d’Esther est un témoin scripturaire de ces faits.

Une délivrance, Jésus en effectue une justement à l’occasion de cette nouvelle venue à Jérusalem, sur un homme malade depuis 38 ans. Les seuls miracles bénis sont ceux opérés par notre Seigneur, qui dans sa bonté infinie délivre du mal. Monté à Jérusalem à l’occasion de Pourim, Jésus manifeste ce qu’est la vraie délivrance, durable, celle opérée par Dieu.

Sens et accomplissement de la fête des cabanes

Jésus se trouve à Jérusalem pour la fête des Cabanes, qui commémore la suite de la sortie d’Egypte, quand les israélites vivaient sous des tentes.

Jn 7.14-24

14 Vers le milieu de la fête, Jésus monta au temple. Et il enseignait. 15 Les Juifs s’étonnaient, disant : Comment connaît-il les Écritures, lui qui n’a point étudié ? 16 Jésus leur répondit : Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé. 17 Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu, ou si je parle de mon chef. 18 Celui qui parle de son chef cherche sa propre gloire; mais celui qui cherche la gloire de celui qui l’a envoyé, celui-là est vrai, et il n’y a point d’injustice en lui. 19 Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Et nul de vous n’observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? 20 La foule répondit : Tu as un démon. Qui est-ce qui cherche à te faire mourir ? 21 Jésus leur répondit : J’ai fait une oeuvre, et vous en êtes tous étonnés. 22 Moïse vous a donné la circoncision,-non qu’elle vienne de Moïse, car elle vient des patriarches,-et vous circoncisez un homme le jour du sabbat. 23 Si un homme reçoit la circoncision le jour du sabbat, afin que la loi de Moïse ne soit pas violée, pourquoi vous irritez-vous contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier le jour du sabbat ? 24 Ne jugez pas selon l’apparence, mais jugez selon la justice.

La fête des cabanes est citée explicitement plus haut, Jn 7.2. Pour sa venue en ville à l’occasion d’un fête qui commémore un temps de la sortie d’Egypte, notre Seigneur est confronté aux contradicteurs juifs au sujets de points de Loi. Jésus répond, à des contradicteurs qui n’ignorent pas ce que représente la fête des cabanes, en rappelant par qui a été donné la loi et en mettant son auditoire face à ses contradictions, « Moïse ne vous a-t-il pas donné la loi ? Et nul de vous n’observe la loi. Pourquoi cherchez-vous à me faire mourir ? » (Jn 7.19). Accomplissement de la Loi, sens réel du Sabbat, tout est révélé à travers le ministère de notre Seigneur Jésus-Christ. Jésus est le vrai accomplissement de ce qui a permis aux israélites de sortir d’Egypte.

Sens et accomplissement de la fête de la consécration

Jean rapporte dans son évangile un épisode se déroulant durant la fête de la consécration, ou fête de la Dédicace:

Jn 10.22-30

22 On célébrait à Jérusalem la fête de la Dédicace. C’était l’hiver. 23 Et Jésus se promenait dans le temple, sous le portique de Salomon. 24 Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent : Jusques à quand tiendras-tu notre esprit en suspens? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement.

25 Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. 26 Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. 27 Mes brebis entendent ma voix; je les connais, et elles me suivent. 28 Je leur donne la vie éternelle; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. 29 Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tous; et personne ne peut les ravir de la main de mon Père. 30 Moi et le Père nous sommes un.

La fête de la consécration commémore l’oeuvre de restauration de l’autel du Temple effectuée par le patriote juif Judas Maccabée en 164 avant Jésus-Christ. Jésus est une nouvelle fois à Jérusalem à l’occasion d’une fête importante. Les propos rapportés par Jean ne laissent plus de mystères quant à l’identité de Jésus, Messie d’Israël et Dieu fait homme. La fête de la consécration, matérielle dans ce qu’elle commémore, trouve un écho et une réelle profondeur spirituelle avec l’arrivée de Jésus-Christ, qui manifeste ce qu’est réellement rendre un culte à Dieu.

Vision et approche de Jean

Comme nous l’avions montré dans un article précédent, l’Évangile selon Matthieu nous présente Jésus comme l’accomplissement parfait du destin d’Israël, voir ici. Jean, autre témoin oculaire du ministère de notre Seigneur, a été inspiré par l’Esprit pour livrer une vision toute autre. A travers ces fêtes auxquelles Jésus participe, Jean montre l’identité du Christ qui en plus d’être Messie est le verbe de Dieu, Dieu lui-même (la divinité de Jésus est clairement attestée dans les autres évangiles, mais c’est dans Jean qu’elle est le plus mise en évidence). Ces fêtes, qui sont des rituels, commémorent presque sans le savoir l’amour et la puissance du Fils de Dieu, Jésus-Christ.

Jésus est l’accomplissement de tout, l’agneau parfait de Pâque, la seule autorité qui délivre réellement, le vrai témoin parfait de la Loi donnée à la sortie d’Egypte, enfin le seul chemin vers le Père. L’histoire de la Bible, depuis la Genèse jusqu’au livre d’Esther en passant par les prophètes, nous annonce la venue de Jésus. Les fêtes qui commémorent les événements glorieux du peuple israélites ne sont que des images physiques et charnelles de l’accomplissement parfait de toutes choses, l’Alpha et l’Oméga, notre Seigneur et sauveur Jésus-Christ.

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