Le prophète Abdias, ou l’art de la synthèse

Chères lectrices, chers lecteurs,

parmi les parents pauvres de l’Ancien Testament figurent les 12 « petits prophètes ». Le fait même de les appeler « petits prophètes » montre le peu d’intérêt porté à ces écrits, qui pourtant figurent dans nos Bibles. C’est un tort. Ces prophètes ne sont pas petits et leurs livres ont beaucoup à nous apprendre et sont de réelles sources d’édification. Voyons aujourd’hui le livre d’Abdias.

bible

Le livre le plus court de l’Ancien Testament

Le livre d’Abdias contient 21 versets et peut presque être appris par cœur. Ceci vous donnera l’occasion de briller lors de votre prochain dîner en ville en déclarant devant la foule ébahie: « moi, je connais par cœur un livre de la Bible! ». Le texte traite de la chute d’Edom, royaume descendant d’Esaü, le frère de Jacob. Les exégètes ne sont pas d’accord sur l’époque du ministère du prophète Abdias (sur qui on ne sait presque rien).

Certains datent sa prédication au VIe siècle avant Jésus-Christ, d’autres pensent qu’il a été actif au IXe siècle avant Jésus-Christ sous le règne du roi Yoram sur Juda. Aucun élément permet de trancher définitivement cette question, cependant le fait que Abdias est cité par Joël (Jl 3.5), lui même prophète du IXe siècle, fait légèrement pencher la balance vers la seconde hypothèse.

En peu de versets Abdias livre dans cette révélation sur le sort d’Edom beaucoup de choses et nous présente, inspiré par l’Éternel, un condensé de thèmes qui nous invitent à nous tourner vers le Seigneur et affermissent notre foi.

La fin d’Edom – Ab 1-9

1 Prophétie d’Abdias. Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel, sur Edom :-Nous avons appris une nouvelle de la part de l’Éternel, Et un messager a été envoyé parmi les nations : Levez-vous, marchons contre Edom pour lui faire la guerre !-

2 Voici, je te rendrai petit parmi les nations, Tu seras l’objet du plus grand mépris. 3 L’orgueil de ton cœur t’a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Qui t’assieds sur les hauteurs, Et qui dis en toi-même : Qui me précipitera jusqu’à terre ? 4 Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l’aigle, Quand tu le placerais parmi les étoiles, Je t’en précipiterai, dit l’Éternel.

5 Si des voleurs, des pillards, viennent de nuit chez toi, Comme te voilà dévasté ! Mais enlèvent-ils plus qu’ils ne peuvent ? Si des vendangeurs viennent chez toi, Ne laissent-ils rien à grappiller ?… 6 Ah! comme Esaü est fouillé ! Comme ses trésors sont découverts ! Tous tes alliés t’ont chassé jusqu’à la frontière, Tes amis t’ont joué, t’ont dominé, Ceux qui mangeaient ton pain t’ont dressé des pièges, Et tu n’as pas su t’en apercevoir !

8 N’est-ce pas en ce jour, dit l’Éternel, Que je ferai disparaître d’Edom les sages, Et de la montagne d’Esaü l’intelligence ? 9 Tes guerriers, ô Théman, seront dans l’épouvante, Car tous ceux de la montagne d’Esaü périront dans le carnage.

Abdias commence son propos en prophétisant sur le sort d’Edom. Ce passage s’inscrit dans la lignée des oracles contre les nations rédigés par Jérémie. La brièveté du texte fait d’autant plus ressortir le péché et le mal qui émane d’Edom, le prophète rappelant l’origine de ce peuple (à savoir Esaü, le frère de Jacob). Les propos ne sont pas simplement descriptifs et montrent par exemple l’orgueil comme une illustration du mal, « L’orgueil de ton cœur t’a égaré, Toi qui habites le creux des rochers, Qui t’assieds sur les hauteurs, Et qui dis en toi-même : Qui me précipitera jusqu’à terre ?  Quand tu placerais ton nid aussi haut que celui de l’aigle, Quand tu le placerais parmi les étoiles, Je t’en précipiterai, dit l’Éternel » (Ab 3-4).

D’autres péchés (Ab 10-14)

10 A cause de ta violence contre ton frère Jacob, Tu seras couvert de honte, Et tu seras exterminé pour toujours. 11 Le jour où tu te tenais en face de lui, Le jour où des étrangers emmenaient captive son armée, Où des étrangers entraient dans ses portes, Et jetaient le sort sur Jérusalem, Toi aussi tu étais comme l’un d’eux.

12 Ne repais pas ta vue du jour de ton frère, du jour de son malheur, Ne te réjouis pas sur les enfants de Juda au jour de leur ruine, Et n’ouvre pas une grande bouche au jour de la détresse ! 13 N’entre pas dans les portes de mon peuple au jour de sa ruine, Ne repais pas ta vue de son malheur au jour de sa ruine, Et ne porte pas la main sur ses richesses au jour de sa ruine ! 14 Ne te tiens pas au carrefour pour exterminer ses fuyards, Et ne livre pas ses réchappés au jour de la détresse !

On ne devrait jamais se réjouir du malheur d’une nation, encore moins s’en moquer. C’est un des travers sur lesquels semble insister ici Abdias. Vise-t-il les « profiteurs de guerre »? Probablement pas, même si ces versets pourraient s’appliquer à leur cas. C’est peut-être spirituellement que la leçon est à retenir. Nous devrions prier pour les nations frères dans la foi persécutées et ne pas traiter ce problème comme mineur. L’avertissement de l’Éternel par la bouche de son prophète peut, aujourd’hui, nous exhorter à prier pour les chrétiens en détresse, où qu’ils se trouvent. La ruine d’une nation n’est pas une bonne nouvelle et nous ne devons pas nous en réjouir.

La victoire au Seigneur (Ab 15-21)

15 Car le jour de l’Éternel est proche, pour toutes les nations; Il te sera fait comme tu as fait, Tes œuvres retomberont sur ta tête. 16 Car, comme vous avez bu sur ma montagne sainte, Ainsi toutes les nations boiront sans cesse; Elles boiront, elles avaleront, Et elles seront comme si elles n’avaient jamais été.

17 Mais le salut sera sur la montagne de Sion, elle sera sainte, Et la maison de Jacob reprendra ses possessions. 18 La maison de Jacob sera un feu, et la maison de Joseph une flamme; Mais la maison d’Esaü sera du chaume, Qu’elles allumeront et consumeront; Et il ne restera rien de la maison d’Esaü, Car l’Éternel a parlé.

19 Ceux du midi posséderont la montagne d’Esaü, Et ceux de la plaine le pays des Philistins; Ils posséderont le territoire d’Ephraïm et celui de Samarie; Et Benjamin possédera Galaad. 20 Les captifs de cette armée des enfants d’Israël Posséderont le pays occupé par les Cananéens jusqu’à Sarepta, Et les captifs de Jérusalem qui sont à Sepharad Posséderont les villes du midi. 21 Des libérateurs monteront sur la montagne de Sion, Pour juger la montagne d’Esaü; Et à l’Éternel appartiendra le règne.

La victoire appartient toujours à l’Éternel, c’est ce que nous rappelle Abdias dans ces derniers versets. On peut assez facilement voir ces propos sur Edom comme l’assurance que le mal ne subsistera pas et que la victoire est promise au peuple de Dieu. La portée eschatologique de la victoire du Seigneur sera plus directement exprimée par d’autres prophètes (par exemple Daniel et son interprétation du rêve de la statue), mais nous voyons là les prémices et l’assurance que rien, absolument rien, ne saurait contrarier l’Éternel dans l’accomplissement de son plan.

La lecture attentive du livre d’Abdias est édifiante. Le prophète nous parle en peu de versets de la volonté de Dieu. Il évoque ce qui est mauvais aux yeux de l’Éternel, l’exemple d’Edom se révélant comme un concentré de péchés. La gloire du Seigneur est présente, manifestée dans la promesse faite à Jacob. Certes les 12 prophètes ne sont pas les écrits les plus lus de la Bible. Il est rare d’entendre un prédicateur s’y référer. N’oublions pas qu’ils font partie de la Bible et permettent, comme nous venons de le voir avec Abdias, d’affermir notre foi et d’être enseignés sur ce qui plaît (ou pas) au Seigneur, nous permettant de le servir au mieux.

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