Les anges à travers la Bible

Chères lectrices, chers lecteurs,

les anges ont, à travers les siècles, inspiré l’imagination des artistes sculpteurs et peintres. Ceci a entraîné des représentations qui ont fait assimiler un peu vite les anges à de simples humanoïdes ailés apparaissant pour nous tirer d’affaire. La Bible est beaucoup plus sobre quant à la description visuelle des anges, se contentant de délivrer le seul message utile à notre édification.

la-oe-goodman-isaac-and-abraham-20130906-001

L’ange de l’Eternel

Le terme « ange » est présent 200 fois dans la Bible. Une des premières mention explicite est fréquemment traduite par « ange de l’Éternel », par exemple dans la péricope de la ligature d’Isaac:

Gn 22.9-14

9 Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. 10 Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. 11 Alors l’ange de l’Éternel l’appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici! 12 L’ange dit : N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. 13 Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes; et Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. 14 Abraham donna à ce lieu le nom de Jehova-Jiré. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : A la montagne de l’Éternel il sera pourvu.

Au pied de la lettre l’ange peut désigner ici un envoyé de Dieu, un messager, tout simplement. Dans un passage antérieur l’ange de l’Éternel parle de Dieu à la première personne et Agar atteste que Dieu lui a parlé comme le fait remarquer la note de la Bible du Semeur:

Gn 16.7-14

7 L’ange de l’Éternel la trouva près d’une source d’eau dans le désert, près de la source qui est sur le chemin de Schur. 8 Il dit : Agar, servante de Saraï, d’où viens-tu, et où vas-tu ? Elle répondit : Je fuis loin de Saraï, ma maîtresse. 9 L’ange de l’Éternel lui dit : Retourne vers ta maîtresse, et humilie-toi sous sa main. 10 L’ange de l’Éternel lui dit : Je multiplierai ta postérité, et elle sera si nombreuse qu’on ne pourra la compter. 11 L’ange de l’Éternel lui dit : Voici, tu es enceinte, et tu enfanteras un fils, à qui tu donneras le nom d’Ismaël; car l’Éternel t’a entendue dans ton affliction. 12 Il sera comme un âne sauvage; sa main sera contre tous, et la main de tous sera contre lui; et il habitera en face de tous ses frères. 13 Elle appela Atta-El-roï le nom de l’Éternel qui lui avait parlé; car elle dit : Ai-je rien vu ici, après qu’il m’a vue ? 14 C’est pourquoi l’on a appelé ce puits le puits de Lachaï-roï; il est entre Kadès et Bared.

La forme importe finalement assez peu dans ces deux passages. Pour reprendre le cas de la ligature d’Isaac, que l’ange de l’Éternel désigne un messager ou indirectement le Seigneur, nous voyons que la parole qu’il délivre est la volonté de Dieu (arrêter la main d’Abraham qui a prouvé sa foi). Si il est difficile de trancher sur la nature exacte de cet ange, retenons simplement le terme de messager. Certains passages comme le buisson ardent insistent sur le fait que l’ange de l’Éternel est la voix de Dieu:

Ex 3.1-6

1 Moïse faisait paître le troupeau de Jéthro, son beau-père, sacrificateur de Madian; et il mena le troupeau derrière le désert, et vint à la montagne de Dieu, à Horeb. 2 L’ange de l’Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d’un buisson. Moïse regarda; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point.

3 Moïse dit : Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. 4 L’Éternel vit qu’il se détournait pour voir; et Dieu l’appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit : Me voici! 5 Dieu dit : N’approche pas d’ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. 6 Et il ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu.

Ce passage tend bien à montrer le lien entre Dieu et son ange et la parfaite volonté exprimée par l’Éternel. L’expression biblique « ange de l’Éternel » manifeste le lien le plus directe entre Dieu et la parole qu’il a été possible à Moïse de recevoir. Le message parfait!

Les anges gardiens?

Le Seigneur protège ses brebis par des moyens connus de lui. Nous nous repentons et prions au nom de Jésus-Christ, nous pouvons intercéder pour d’autres frères et sœurs. Au fil des siècles (à vos recherches!) s’est développée la théorie des anges gardiens. C’est, même chez les personnes qui ne sont pas chrétiennes, une expression (du type « t’as de la chance, ton ange gardien veille sur toi! », histoire de dire que le sort vous est favorable). Si dans sa grâce l’Éternel a inspiré des auteurs pour écrire les livres de la Bible et ainsi nous a laissé une trace de sa parole, en revanche nous ne savons pas nécessairement comment il s’y prend pour protéger son troupeau. Trop chercher le pourquoi du comment sur les méthodes employées par Dieu ne serait-il pas finalement essayer de percer une chose insondable? Dieu c’est Dieu après tout, ne doutons pas de sa puissance et de la perfection de son dessein!

La « protection angélique » semble attestée assez clairement pourtant, par exemple:

Ps 34.1-8

1 De David. Lorsqu’il contrefit l’insensé en présence d’Abimélec, et qu’il s’en alla chassé par lui.

2 Je bénirai l’Éternel en tout temps; Sa louange sera toujours dans ma bouche. 3 Que mon âme se glorifie en l’Éternel ! Que les malheureux écoutent et se réjouissent ! 4 Exaltez avec moi l’Éternel ! Célébrons tous son nom !

5 J’ai cherché l’Éternel, et il m’a répondu; Il m’a délivré de toutes mes frayeurs. 6 Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie, Et le visage ne se couvre pas de honte. 7 Quand un malheureux crie, l’Éternel entend, Et il le sauve de toutes ses détresses. 8 L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, Et il les arrache au danger.

Certes nous n’avons pas ici la vision (non biblique d’ailleurs) d’un ange qui serait une sorte de garde du corps attitré, chacun ayant le sien. Ce que nous voyons c’est la protection du peuple de Dieu, qui craint Dieu. Cette vision plus forte et moins enfantine que celle des anges gardiens, recouvre la véritable promesse faite par le Seigneur à son peuple.

Les meilleures et les plus belles nouvelles

Les anges peuvent être des messagers clairement distincts, dans leur substance, de l’Éternel. C’est un ange, un messager, qui est chargé d’annoncer la plus belle des nouvelles:

Lc 1.26-32

26 Au sixième mois, l’ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, 27 auprès d’une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie. 28 L’ange entra chez elle, et dit : Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. 29 Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. 30 L’ange lui dit : Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu. 31 Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils, et tu lui donneras le nom de Jésus. 32 Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut, et le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David, son père.

La Bible est très succincte sur le nom des anges. Gabriel est cité, la Bible évoque aussi Michel (Dn 10.13, Dn 10.21, Dn 12.1, Jd 1.9, Ap 12.7). La simplicité de la Bible tranche assez radicalement avec l’iconographie médiévale, qui spécule sur une stratification et une hiérarchisation complexe des anges à la cour céleste. Les anges sont au service de l’Éternel, créés par l’Éternel. A la fin, à Dieu seul revient la gloire, loin des superstitions qui ont émaillé les ages. Cette superstition, encore tenace de nos jours, prête aux anges des rôles plus ou moins loufoques, dans le meilleur des cas. Dans le pire des cas, il s’en suit une adoration mal placée, vis à vis de créatures fantasmées et perçue par le prisme déformant des icônes.

Terminons avec ces mots de l’apôtre Paul:

Col 2.16-19

16 Que personne donc ne vous juge au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sabbats : 17 c’était l’ombre des choses à venir, mais le corps est en Christ. 18 Qu’aucun homme, sous une apparence d’humilité et par un culte des anges, ne vous ravisse à son gré le prix de la course, tandis qu’il s’abandonne à ses visions et qu’il est enflé d’un vain orgueil par ses pensées charnelles, 19 sans s’attacher au chef, dont tout le corps, assisté et solidement assemblé par des jointures et des liens, tire l’accroissement que Dieu donne.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s