L’autorité civile dans la Bible

Chères lectrices, chers lecteurs,

comme vous le savez nous vivons une période pré-électorale en France, les élections présidentielles vont se tenir le 23 avril et le 7 mai prochain. Nous vivons sous un régime politique qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne fait pas la promotion des valeurs chrétiennes. Ce cas de figure n’est pas nouveau, les premières communautés chrétiennes se sont constituées sous des régimes hostiles à la foi en Jésus-Christ.

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Le cas des procès entre frères devant les tribunaux civils

L’apôtre Paul a fermement repris les corinthiens sur de nombreux points, parmi lesquels des désordres dans le repas du Seigneur, un cas d’inceste, un orgueil démesuré. Il parle aussi des tribunaux, et du fait que certains frères règlent leurs différents devant ces tribunaux, préférant la solution civile à un règlement amiable.

1 Co 6.1-11 (Traduction Segond 1910)

1 Quelqu’un de vous, lorsqu’il a un différend avec un autre, ose-t-il plaider devant les injustes, et non devant les saints ? 2 Ne savez-vous pas que les saints jugeront le monde ? Et si c’est par vous que le monde est jugé, êtes-vous indignes de rendre les moindres jugements ? 3 Ne savez-vous pas que nous jugerons les anges ? Et nous ne jugerions pas, à plus forte raison, les choses de cette vie ? 4 Quand donc vous avez des différends pour les choses de cette vie, ce sont des gens dont l’Eglise ne fait aucun cas que vous prenez pour juges! 5 Je le dis à votre honte. Ainsi il n’y a parmi vous pas un seul homme sage qui puisse prononcer entre ses frères. 6 Mais un frère plaide contre un frère, et cela devant des infidèles ! 7 C’est déjà certes un défaut chez vous que d’avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ? 8 Mais c’est vous qui commettez l’injustice et qui dépouillez, et c’est envers des frères que vous agissez de la sorte!

9 Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas : ni les impudiques, ni les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les infâmes, 10 ni les voleurs, ni les cupides, ni les ivrognes, ni les outrageux, ni les ravisseurs, n’hériteront le royaume de Dieu. 11 Et c’est là ce que vous étiez, quelques-uns de vous. Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ, et par l’Esprit de notre Dieu.

Si Paul ne nous enseigne pas directement dans ce passage ce qu’il faut penser des autorités, il nous montre en revanche ce qu’il faut éviter de faire avec les autorités, à savoir y avoir recours pour n’importe quelle broutille. Ce reproche de l’apôtre de prendre pour juge des « gens dont l’Eglise ne fait aucun cas » est à même de nous édifier aujourd’hui. Certes Paul traite dans ce passage de la question précise de l’autorité judiciaire. Cependant la leçon donnée par le Seigneur par la plume de son apôtre clarifie les rôles et nous conforte dans le fait que les représentants de l’autorité civile ne sauraient se substituer moralement à la foi en Jésus-Christ. En clair, pourquoi mettre sur le tapis public des différents entre chrétiens, aux yeux de tous, non-croyants compris? Le chrétien vit dans le monde, mais n’est pas du monde.

Ce sujet est traité plus en détail dans un devoir effectué dans le cadre de mes études à la FLTE, vous pouvez le trouver ici.

Le pouvoir politique au service du plan de Dieu

C’est une réalité biblique qui est assez déroutante au début. L’Éternel se sert en effet parfois de pouvoirs politiques qui ne proclament pas son nom pour arriver à ses fins. Il lui arrive aussi d’endurcir le cœur de souverains afin que s’accomplisse sa volonté. On peut relever plusieurs exemples dans l’Ancien Testament, à commencer par le cœur de Pharaon endurci qui refuse à maintes reprises d’accéder aux demandes de Moïse pour le peuple de Dieu:

Ex 7.1-3 (Traduction Segond 1910)

1 L’Éternel dit à Moïse : Vois, je te fais Dieu pour Pharaon : et Aaron, ton frère, sera ton prophète. 2 Toi, tu diras tout ce que je t’ordonnerai; et Aaron, ton frère, parlera à Pharaon, pour qu’il laisse aller les enfants d’Israël hors de son pays. 3 Et moi, j’endurcirai le cœur de Pharaon, et je multiplierai mes signes et mes miracles dans le pays d’Egypte.

On peut aussi parler de l’exemple de Cyrus, roi Perse qui a pris Babylone au VIe siècle, prophétisé par Esaïe:

Es 44.26-28 (traduction Segond 1910)

26 Je confirme la parole de mon serviteur, Et j’accomplis ce que prédisent mes envoyés; Je dis de Jérusalem : Elle sera habitée, Et des villes de Juda : Elles seront rebâties; Et je relèverai leurs ruines. 27 Je dis à l’abîme : Dessèche-toi, Je tarirai tes fleuves. 28 Je dis de Cyrus : Il est mon berger, Et il accomplira toute ma volonté; Il dira de Jérusalem : Qu’elle soit rebâtie ! Et du temple : Qu’il soit fondé !

Dans le cas de la prise de Babylone par les perses, le Seigneur utilise le pouvoir de Cyrus pour l’accomplissement de son plan.

Actualisation du propos

Ces considérations peuvent paraître contre-intuitives, et elles le sont. Le plan de l’Éternel est parfait et ses modalités échappent parfois à notre entendement. Dans sa grâce le Seigneur a parlé à ses prophètes et nous a laissé ces témoignages dans les livres de la Bible. Si nous ne pouvons pas comprendre l’immensité du plan de Dieu nous pouvons en revanche tirer des enseignements de ces versets. La chose qui transpire à travers ces histoires d’autorités civiles est que quoi qu’il arrive le Seigneur est aux commandes. Bien d’autres textes de la Bible font mention de la réelle autorité dans ce monde:

Jn 19.9-11 (traduction Segond 1910)

9 Il (Pilate) rentra dans le prétoire, et il dit à Jésus : D’où es-tu ? Mais Jésus ne lui donna point de réponse. 10 Pilate lui dit : Est-ce à moi que tu ne parles pas ? Ne sais-tu pas que j’ai le pouvoir de te crucifier, et que j’ai le pouvoir de te relâcher ? 11 Jésus répondit : Tu n’aurais sur moi aucun pouvoir, s’il ne t’avait été donné d’en haut. C’est pourquoi celui qui me livre à toi commet un plus grand péché.

Cette réponse de Jésus à Pilate résume beaucoup de choses et montre le chemin. Nous ne savons pas tout des moyens employés par Dieu, juger ces moyens reviendrait à mettre l’Éternel au banc des accusés. Les autorités sont temporelles et ne seraient rien si Dieu ne l’avait pas voulu. De même que les israélites ont subi le joug de Pharaon du temps de Moïse, de même certains chrétiens de nos jours subissent, à différents degrés, des régimes oppresseurs. Ayons confiance dans le plan parfait du Seigneur pour ses brebis! Le Seigneur connait ses brebis et n’en perdra pas une seule, telle est l’autorité suprême qui dépasse toutes les autres.

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