Relativisme, élitisme, condescendance: l’argumentation libérale

Chères lectrices, chers lecteurs,

après un article au sujet des débats sur la confession de foi 2017 et un autre sur les enjeux des 500 ans de la réforme (que vous pouvez retrouver ici et ), voici un nouveau sujet constituant en quelques sortes le final d’un triptyque. Nous allons passer en revue certains arguments du protestantisme libéral en étudiant un article du pasteur Louis Pernot.

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Où il est question de Marie et d’un soldat romain

Le passe temps favori des prédicateurs de l’Oratoire du Louvre et associés consiste à renier certains aspects miraculeux de l’histoire de Jésus-Christ. J’ai retrouvé un article paru dans le journal Évangile et Liberté (numéro 294 de décembre 2015) du pasteur Louis Pernot qui a pour titre « La naissance de Jésus ».

Voici le début:

Aujourd’hui, beaucoup ne croient pas que Jésus ait pu naître d’une femme sans l’intervention d’un homme : à peu près une personne sur deux chez les protestants, et les jeunes y croient moins que les autres… on a le choix. On peut penser que ça a été une manière imagée pour les premiers prédicateurs de l’Église de dire aux gens que Jésus était « fils de Dieu »

Louis Pernot commence son article sur la naissance de Jésus par une statistique tirée de on ne sait où. En clair, si la moitié des protestants pensent que Jésus a été conçu comme n’importe qui, il n’est peut-être pas stupide de penser la même chose. Quant au fait que les jeunes y croient de moins en moins, encore une tendance statistique tirée du chapeau. Un petit mot est à même de passer inaperçu mais révèle la stratégie de l’article: « on a le choix ». On peut presque lire en filigrane « nous les libéraux laissons le choix, nous sommes les gentils, les autres (évangéliques, pentecôtistes, fondamentalistes), sont méchants ».

Continuons:

Or, si affirmer que Jésus est fils de Dieu est fondamental dans le christianisme, on peut l’entendre autrement que gynécologiquement : il est fils de Dieu parce qu’il en est le meilleur représentant, parce qu’il tient de Dieu lui-même l’essentiel de ce qu’il était intérieurement, ou qu’il en est le serviteur, puisqu’en hébreu, le mot « fils » signifie aussi « serviteur », comme en français le mot « garçon » (de famille, ou de café)

Louis Pernot emploie dans ce passage un stratagème bien connu des commerciaux: ramener le choix de son auditoire à une proposition binaire ridiculisant le point de vue dont on veut se débarrasser. Ici les chrétiens confessants sont réduits à des personnes ayant des considérations gynécologiques sur le miracle de la naissance de Jésus.

Il y a aussi quelque chose d’élitiste dans cet extrait. L’explication capillotractée pour expliquer que Jésus n’est qu’un fils de Dieu parmi les autres, un serviteur, ne manque pas de sel. Je ne nie pas l’utilité du recours à l’hébreu ou au grec dans l’exégèse, simplement tordre le verset au point de faire de Jésus le simple « meilleur représentant » de Dieu est intellectuellement mal honnête et n’a je pense ici pour seule utilité que d’exposer le « savoir libéral ».

Poursuivons (un peu plus loin dans l’article):

Relisons le texte avec des yeux neufs: Voici comment arriva la naissance de Jésus-Christ. Marie, sa mère, était fiancée à Joseph ; avant leur union, elle se trouva enceinte. Jusque-là pas de problème : Marie et Joseph étaient fiancés et avant qu’ils aient couché ensemble, Marie se trouve enceinte, mais pas de Joseph. Le texte ajoute : « du Saint-Esprit » ; cela ne parle pas forcément de sexualité, mais peut vouloir dire que cet événement avait quelque chose qui se révélera positif et dans le sens du projet de Dieu.

Ici Le pasteur emploie deux stratagèmes qui vont de paire: faire passer les confessants pour des rétrogrades et rendre basique leur conception. En effet nous sommes invités à relire « le texte avec des yeux neufs ». Autrement dit, avec des yeux libéraux (préciser qu’il faut lire avec des yeux neufs sous-entend qu’avant on lisait mal). Louis Pernot infantilise ensuite, avec une condescendance à peine voilée, les chrétiens qui proclament la réalité de l’oeuvre du Saint Esprit, en précisant que « cela ne parle pas forcément de sexualité ».

Dernier extrait:

La question de savoir qui était le père biologique de Jésus importe peu. La tradition juive dit qu’il s’agissait d’un soldat romain et en donne le nom : Pandera (ou Panthéra). Il s’agissait peut-être d’une invention faite dans le but de discréditer Jésus, mais ce pourrait être vrai. Sans doute pour discréditer encore, une certaine tradition a dit que Marie s’était plus ou moins offerte à un soldat romain, et d’autres ont même avancé qu’elle s’était prostituée. Le plus plausible serait que Marie ait pu être violée. Les armées d’occupation n’étaient pas tendres, et les soldats vainqueurs violaient assez facilement les jolies jeunes filles de 16 ans comme Marie.

Plutôt que d’évoquer le foi chrétienne et la simplicité du récit évangélique auquel il est sensé croire, Louis Pernot préfère évoquer la thèse du soldat romain, rapportée dans le Talmud.

Un cas généralisé

J’ai bien conscience d’avoir pris un article qui est un cas particulier. Cependant il est représentatif des arguments libéraux et des leurs publications. Je vous invite si vous en doutez à vous rendre sur la chaîne Youtube de l’Oratoire du Louvre ou a lire d’autres articles. Le procédé est toujours le même: faire passer les chrétiens confessants pour des obscurantistes analphabètes. Avec de tels arguments c’est allègrement que les libéraux écrivent que Marie a été fécondée par un romain, que Jésus n’a pas multiplié les pains (prédication du même Pernot), ou, variante, que Gabriel représente sans doute un amant de Marie qui lui a fait un enfant (prédication du pasteur Woody).

Intellectuellement satisfaisant, ce courant libéral représente une vraie gangrène. Si, comme j’ai pu l’écrire dans un précédent article, les angles des prédications libérales offrent de temps à autre des angles intéressants, le mal causé est réel. Le drame n’est pas qu’il existe des libéraux, le drame est que ce courant commence petit à petit à pourrir de l’intérieur certaines communautés, mettant l’homme et l’humanisme au centre de tout au détriment de la vocation de faire de toutes les nations des disciples.

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