Portée et actualité des arguments de Paul face aux Corinthiens incrédules

Chères lectrices, chers lecteurs,

après un travail sur l’eschatologie mal comprise par les corinthiens, un deuxième sur les tribunaux, voici le troisième et dernier travail portant sur la première lettre aux Corinthiens. Il s’agit une nouvelle fois d’un travail effectué dans le cadre de la Faculté de Théologie Évangélique de Vaux-sur-Seine, avec pour sujet « Quels sont les principaux arguments avancés par Paul, face aux Corinthiens sceptiques, voire incrédules, concernant la résurrection des morts? Dans quelle mesure, selon vous, ces arguments peuvent-ils être utilisés aujourd’hui dans notre culture occidentale déchristianisée? »

J’ai délibérément choisi un angle particulier pour traiter le travail, ainsi certains aspects importants de ce sujet passionnant ne sont pas abordés dans le présent devoir.

apollo_corinthe

Au cours de sa mission pour le Seigneur l’apôtre Paul a été confronté à de nombreuses problématiques, aussi bien pastorales que doctrinales. Ses épîtres témoignent de la portée de sa mission auprès de communautés chrétiennes jeunes, les premières églises grecques ayant été fondées moins de vingt ans après la crucifixion de notre Seigneur Jésus-Christ. Ces jeunes communautés pouvaient se montrer sceptiques sur des aspect fondamentaux de la foi chrétienne comme la résurrection des morts, “si nous proclamons que Christ est ressuscité, comment quelques-uns peuvent-ils prétendre qu’il n’y a pas de résurrection des morts?” (1 Co 15.12). Face à l’incrédulité de certains membres de la communauté de Corinthe l’apôtre a développé une argumentation permettant de mettre en lumière l’importance capitale de la résurrection des morts et montrer que le fait d’avoir foi en cette résurrection n’est pas une option mais représente le cœur de la prédication chrétienne. Dans une première partie nous allons étudier les éléments permettant de voir le décalage entre les mœurs et pensées des corinthiens et le message de l’Evangile concernant la résurrection des morts. Dans une deuxième partie nous allons détailler la façon dont l’apôtre Paul argumente face à l’incrédulité des membres de la communauté de Corinthe. Une troisième partie mettra en évidence l’importance de cette argumentation face au monde occidental déchristianisé du XXIe siècle.

Première partie – Décalage de la pensée corinthienne avec le message évangélique de la résurrection

La résurrection des morts est une réalité que Jésus-Christ a enseigné au cours de son ministère terrestre dont les évangiles sont témoins. Les apôtres et le premier cercle de disciples ont donc entendu des prédications du Seigneur annonçant sans ambiguïté la réalité de la résurrection des morts, “personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire, et moi, je le ressusciterai au dernier jour” (Jn 6.44). La propagation de la Bonne Nouvelle dans l’empire Romain s’est faite dans des territoires spirituellement peu enclins à recevoir ce message de la résurrection des morts. C’est le cas de la ville grecque de Corinthe, les lettres de l’apôtre Paul aux Corinthiens témoignant du décalage entre le message de l’Evangile et le comportement des communautés fraîchement converties. Paul fait face à des Corinthiens orgueilleux mettant à mal son autorité apostolique et donc le message qu’il véhicule. Les traces de cet orgueil de la communauté de Corinthe se retrouvent dans la première lettre en regardant l’ironie employée par l’apôtre au sujet des membres de la communauté, “dès à présent, vous êtes rassasiés. Déjà, vous voilà riches! Vous avez commencé à régner sans nous. Comme je voudrais que vous soyez effectivement en train de régner, pour que nous soyons rois avec vous” (1 Co 4.8). Un peu plus loin dans la lettre Paul manifeste son autorité apostolique, probablement mise à mal par l’orgueil de ceux qui se croient déjà riches et rassasiés, “même si vous aviez dix mille maîtres dans la foi en Christ, vous n’avez pas plusieurs pères. Car c’est moi qui vous ai fait naître à la foi en Jésus-Christ en vous annonçant l’Evangile. Je vous invite donc à suivre mon exemple” (1 Co 4.15-16). L’orgueil était tel dans la communauté qu’il semble que certains Corinthiens se soient donnés plus d’importance qu’ils n’en avaient, “pensant que désormais je ne reviendrai plus chez vous, certains se sont mis à jouer les importants” (1 Co 4.18). Cet orgueil Corinthien dont témoigne la première lettre a été, comme nous l’avons vu, source de remise en cause de l’autorité apostolique de Paul, ce qui peut expliquer en partie la réticence de certains membres de la communauté à embrasser pleinement le message évangélique.

Une autre caractéristique de la communauté de Corinthe néfaste à la Bonne Nouvelle est la conception erronée du rôle du corps et de l’âme liée entre autre aux conceptions hellénistiques. Cette conception erronée grecque au sujet du corps est manifeste dans les exhortations de Paul au chapitre six au sujet de la fréquentation des prostituées, l’apôtre écrivant aux Corinthiens “ignorez-vous que votre corps est le temple même du Saint-Esprit qui vous a été donné par Dieu et qui, maintenant, demeure en vous? Vous ne vous appartenez donc pas à vous-mêmes” (1 Co 6.19). Le fait que les Corinthiens jugeaient le corps sans intérêt, bon selon eux à servir aux plaisirs avec les prostituées, associé au fait qu’ils pensaient déjà régner, n’a pas été sans conséquences sur la négation de la réalité de la résurrection des morts et l’importance du corps. Le théologien Samuel Bénétreau écrit à ce sujet que Paul “était relayé à Corinthe par une spiritualité enthousiaste convaincue d’avoir obtenu la plénitude des biens de l’âme et qui jugeait donc le corps sans intérêt, sans avenir, ses actions étant alors moralement indifférentes. A l’opposé, il trouvait sur sa route les sceptiques jouisseurs, adeptes d’une philosophie populaire limitant son horizon au sensible, à l’immédiat, au corporel” (1).

Nous avons vu dans cette première partie que l’apôtre Paul a fait face à une jeune communauté orgueilleuse et emprunte d’une conception erronée de la corporalité rendant nécessaire une exhortation pour leur rappeler la réalité du message de la Bonne Nouvelle et la grâce de la résurrection des morts. Nous allons voir dans la deuxième partie quels sont les arguments développés par Paul pour manifester l’importance de la résurrection des morts et verrons que cette résurrection est un élément clé du message de l’Evangile.

Deuxième partie – L’argumentation de Paul face à l’incrédulité des Corinthiens

Le chapitre 15 de la première lettre aux Corinthiens regroupe un développement de l’apôtre Paul à destination des Corinthiens au sujet de la résurrection. L’enjeu de ce péricope est important, comme le souligne Jean Calvin “les arrhes de la résurrection que nous avons renforcent notre assurance en notre propre résurrection, puisque celle de Christ en est le fondement et la substance, comme cela est dit dans la première épître aux Corinthiens, chapitre 15” (2). Regardons de plus près les principaux arguments avancés par l’apôtre.

Nous allons nous pencher sur la façon dont Paul revendique son autorité apostolique et donc la véracité du message qu’il prêche. L’apôtre commence par manifester l’importance de sa prédication, “frères et sœurs, je vous rappelle l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu et auquel vous demeurez attachés. C’est par cet Evangile que vous êtes sauvés si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé; autrement vous auriez cru en vain” (1 Co 15.1-2). Paul revient ensuite sur les événements importants de la mort et de la résurrection, “Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures” (1 Co 15.3), “il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour, comme l’avaient annoncé les Ecritures” (1 Co 15.4). L’apôtre emploie deux fois la référence aux Ecritures, une façon de placer son propre apostolat et ce qu’il enseigne sous une crédibilité scripturaire. Après avoir détaillé les apparitions du Christ aux apôtres, il parle de son propre cas, “en tout dernier lieu, il m’est apparu à moi, comme à un enfant né après terme” (1 Co 15.8). Par cette affirmation Paul se place, avec modestie mais autorité, dans le cercle des témoins du Christ ressuscité ayant vu une réelle apparition. Il place par cet argument sa propre prédication dans la continuité des autres apôtres, “que ce soient eux ou que ce soit moi, voilà le message que nous proclamons et voilà aussi ce que vous avez cru” (1 Co 15.11). Jean Calvin précise que “le verbe grec dont il use est mis au temps présent, pour montrer une continuité et une persévérance à enseigner une même chose” (3). En ce début de chapitre Paul rappelle donc aux membres de la communauté de Corinthe que son message est véridique, en continuité avec celui des autres apôtres et celui du Christ.

L’apôtre en vient ensuite à mettre les Corinthiens face à leurs contradictions de refuser la prédication de la résurrection des morts, “si nous proclamons que Christ est ressuscité, comment quelques-uns parmi vous peuvent-ils prétendre qu’il n’y a pas de résurrection des morts? S’il n’y a pas de résurrection des morts, alors Christ lui non plus n’est pas ressuscité” (1 Co 15.12-13). Paul est plus explicite un peu plus loin dans le texte, “nous avons porté témoignage que Dieu a ressuscité Christ. Mais s’il est vrai que les morts ne ressuscitent pas, il ne l’a pas fait. Car, si les morts ne ressuscitent pas, il ne l’a pas fait” (1 Co 15.15-16). Paul pose un diagnostic implacable sur la foi des corinthiens, du moins ceux visés par ces versets. En niant la réalité de la résurrection des morts, ils nient en même temps la réalité de la résurrection du Christ, principal objet de la prédication apostolique.

Paul ne se contente pas d’exposer aux Corinthiens l’incohérence de ne pas croire en la résurrection des morts. Il se montre pédagogue et expose les réalités contenues dans le fait de la résurrection. Dans une autre lettre il parlait du Christ comme du “premier né de tous ceux qui sont morts” (1 Col 1.18). Il emploie dans la première lettre aux Corinthiens une image agricole, “Christ est bien revenu à la vie et, comme les premiers fruits de la moisson, il annonce la résurrection des morts” (1 Co 15.20). Cette prémisse de la résurrection des morts qu’est le Christ annonce une victoire finale, ordonnée, “cette résurrection s’effectue selon un ordre bien déterminé” (1 Co 15.23), pour voir finalement le dernier ennemi vaincu, “le dernier ennemi qui sera anéanti, c’est la mort” (1 Co 15.26). L’apôtre dans cette section 1 Corinthiens 15.20-28 insiste donc sur l’espérance et la force de la résurrection des morts. Il montre aux Corinthiens sceptiques que la victoire finale sur la mort est obtenue en Jésus-Christ, que la résurrection des morts fait pleinement partie de cette réalité.

Un autre aspect de l’argumentation de l’apôtre concerne les Corinthiens qui se demandent comment se passera la résurrection, “mais, demandera peut-être quelqu’un, comment les morts ressusciteront-ils? Avec quel corps reviendront-ils à la vie?” (1 Co 15.35). Face à cette question des corinthiens, qui est peut-être une ironie de leur part face à la résurrection, l’apôtre développe les notions de corps corruptibles et corps incorruptibles, “lorsque le corps est porté en terre comme la graine que l’on sème, il est corruptible, et il ressuscite incorruptible; semé infirme et faible, il ressuscite plein de force et glorieux” (1 Co 15.42-43). L’apôtre s’appuie sur le Genèse pour expliquer ses propos et mentionne Jésus comme dernier Adam, “l’Ecriture ne déclare-t-elle pas: le premier homme, Adam, devint un être vivant, doué de la vie naturelle? Le dernier Adam est devenu, lui, un être qui, animé par l’Esprit, communique la vie” (1 Co 15.45). L’apôtre démontre ainsi la portée de la victoire du Christ, “de même que la mort est entrée dans le monde du fait d’Adam, la victoire sur elle sera obtenue grâce au nouvel Adam, lui-même victorieux sur la mort par la résurrection” (4). Pour encore plus manifester la grâce accordée par Dieu en Jésus-Christ Paul termine ses propos en évoquant la dernière génération, enlevée au ciel et qui ne connaîtra pas la mort physique, “je vais vous révéler un mystère: nous ne passerons pas tous par la mort, mais nous serons tous transformés, en un instant, en un clin d’oeil, au son de la trompette dernière” (1 Co 15.51-52). Paul termine donc en évoquant une grâce offerte par le Seigneur, manifestant son amour par le fait de nous ressusciter. Cette affirmation de l’apôtre concernant ceux qui ne connaîtront pas la mort est à même d’édifier les corinthiens judéo-chrétiens versés dans la culture de l’Ancien Testament. En effet un précédent existe dans la Genèse, l’évocation d’Hénoch, “préfiguration du Christ, mais aussi des croyants qui, vivants au temps du retour du Christ, ne passeront pas par la mort” (5).

Dans 1 Corinthiens l’apôtre Paul développe une argumentation solide et édifiante face aux membres de la communauté sceptiques et incrédules. Il rappelle tout d’abord son autorité apostolique et le fait que sa prédication, en particulier sur la mort et la résurrection de Jésus, est en ligne droite descendante de celle des autres apôtres et du Christ lui-même. Il démontre ensuite que nier la résurrection des morts revient à nier la résurrection de Jésus-Christ, en insistant sur le fait que Jésus est le début de la moisson, qui annonce la résurrection des morts. Paul se penche ensuite sur les Corinthiens qui se demandent, peut-être de façon ironique, comment est-il possible à un corps de ressusciter. Paul montre que le corps est semé corruptible pour ressusciter incorruptible, et montre le bien fondé scripturaire de ses propos avec Adam, premier homme dont nous avons hérité le corps naturel, et Jésus, dernier Adam dont nous avons hérité le corps spirituel. Enfin l’apôtre manifeste la grâce et la grandeur de l’oeuvre de Dieu en évoquant la grâce de celles et ceux qui ne connaîtront pas la mort physique, phénomène préfiguré par la personne d’Hénoch dans l’Ancien Testament. Nous allons voir dans une dernière partie que ces arguments deux fois millénaires trouvent une résonance de nos jours et sont des outils inestimables pour notre édification dans ce monde déchristianisé.

Troisième partie – Importance de l’argumentation de Paul face au monde déchristianisé de nos jours

La première lettre aux Corinthiens a été rédigée au premier siècle de notre ère et comporte des réponses aux problématiques d’une communauté de son temps. Cependant la qualité des arguments de l’apôtre Paul fait que cet écrit demeure aujourd’hui encore une source d’édification du peuple chrétien. Le thème abordé au chapitre 15, la réalité de la résurrection des morts, va bien au delà d’une simple remontrance face à une communauté récalcitrante. “1 Co 15 rappelle les modalités de la transmission du Kérygme ainsi que les implications de la résurrection du Christ, tant au plan de l’eschatologie que de la vie quotidienne” (6), ainsi la parole contenue dans les lettres de Paul n’est pas simplement destinée à une étude théorique mais trouve bel et bien une résonance dans nos vies. Le texte biblique a été inspiré par l’Esprit-Saint, il n’est pas un simple vestige du passé, “l’actualisation consiste à relire la Bible afin d’y trouver du sens pour le présent en vue de l’édification et de l’action” (7). Voyons en quoi l’argumentation de Paul au sujet de la résurrection des morts trouve pleinement son sens dans notre société occidentale déchristianisée.

Nous avons commencé la deuxième partie du devoir en parlant de l’argumentation de Paul sur le bien fondé de sa mission apostolique et l’autorité qui découle de son enseignement. Comme nous l’avons vu dans la première partie les Corinthiens, en plus d’être incrédules, étaient probablement très orgueilleux. De nos jours l’orgueil et l’incrédulité sont très développés en occident. Un jeune chrétien mal affermi dans la foi peut être tenté par les sirènes de spiritualités “new age” très séductrices. L’occident, en particulier la France, a aussi un soucis avec le christianisme. Dernièrement un homme politique français a affirmé sa foi chrétienne et cela lui a été reproché par bon nombre de médias et d’observateurs de la vie publique sous prétexte d’atteinte à la laïcité. Prier et méditer sur l’argumentation de l’apôtre Paul au sujet de son autorité apostolique est donc à même, dans ce contexte peu favorable, de pas perdre de vue que les enseignements des lettres et de l’Evangile contiennent l’authentique vérité pour nos vies, loin des séductions et des menaces, fussent-elles verbales, du monde occidental actuel.

Les arguments de Paul concernant directement la résurrection sont aussi d’une grande aide pour le temps présent, “de même que tous les hommes meurent du fait de leur union avec Adam, tous seront ramenés à la vie du fait de leur union avec Christ” (1 Co 15.22). Demander à l’Esprit de nous fortifier en lisant de telles affirmations relativise la portée du mal ambiant. En effet le mal n’appartient pas à Christ. Cette grâce du Seigneur est aussi un rempart face aux valeurs de compétition du monde moderne. En effet il est facile de se dévaloriser soi-même quand nous vivons tel ou tel échec dans notre vie personnelle ou professionnelle. Le fait d’être ramené à la vie par l’union à Christ montre que nous avons de la valeur, une grande valeur aux yeux de l’Eternel, bien plus importante que la valeur que nous pourrions avoir aux yeux du monde déchristianisé et de ses critères.

Chaque jour est une bénédiction, chaque jour que Dieu fait. Jésus a dit “je suis le chemin et la vérité et la vie” (Jn 14.6, Traduction Œcuménique de la Bible édition 2010). L’apôtre Paul dans ses lettres donne des consignes et des exhortations aux communautés afin de les édifier dans l’amour du Seigneur. Il répond comme nous l’avons vu dans la première partie aux Corinthiens qui nient l’importance du corps et le malmènent, allant jusqu’à coucher avec des prostituées sans y voir de mal. L’importance de la vie est nettement diminué dans notre société occidentale déchristianisée. L’avortement est légal dans de nombreux pays, remboursé intégralement même quand il s’agit d’un avortement de confort. Un chrétien, devant tant de promotion de la “liberté d’avorter”, peut être tenté de se dire que finalement la vie n’est pas si précieuse, la grande majorité des personnes disant que l’avortement est un progrès. Les arguments développés par l’apôtre Paul nous affermissent dans le fait d’avoir foi dans ce cadeau inestimable de Dieu qu’est la vie. La réalité de la corporalité de la résurrection, dont parle l’apôtre en 1 Corinthiens 15.38-45, est un hymne à la vie et à l’oeuvre de Dieu qui nous a engendré. Prier abondamment et relire cette section est, en plus d’un réconfort spirituel certain, une façon de nous affermir dans la foi, cette foi qui nous dit que Jésus-Christ est la vie, que la vie est précieuse.

Les chrétiens vivent dans le monde, mais ne sont plus tout à fait “du monde”. Les arguments développés par l’apôtre Paul au sujet de la résurrection sont une édification, permettant au peuple de Dieu de faire face à un contexte de déchristianisation. Les propos de l’apôtre sont une aide face aux tentations extérieures, aux nouvelles spiritualités. La réalité de la résurrection rappelée au chapitre 15 montre que nous sommes aimés de Dieu, de façon inconditionnelle, contrairement aux valeurs élitistes occidentales qui culpabilisent l’échec personnel et professionnel. Surtout, confesser sa foi en la résurrection des morts revient à déclarer sa foi en la vie, la vie comme cadeau de Dieu. Nous sommes en ce sens guidés par le Seigneur loin du relativisme de l’importance de la vie professé par le monde du XXIe siècle.

Conclusion

Nous avons vu dans la première partie que l’apôtre a répondu à des Corinthiens orgueilleux remettant en cause des aspects essentiels de la foi chrétienne comme la résurrection des corps, aidés en cela par un passé spirituel d’inspiration hellénistique. Paul a développé une argumentation permettant de répondre efficacement aux membres de la communauté, en commençant par rappeler son autorité apostolique et l’authenticité de son enseignement conforme à celui des autres apôtres et du Christ. Paul a ensuite démontré que nier la résurrection des morts revenait à nier celle de Jésus, rendant ainsi vide de sens l’oeuvre du Fils de Dieu. L’apôtre a ensuite rappelé la réalité de la résurrection des corps, opposant le corps charnel en Adam et le futur corps glorieux en Christ. Nous avons enfin vu que ces arguments étaient précieux de nos jours, aussi bien pour rappeler la provenance authentique des écrits de la Bible, édifier le peuple de Dieu en lui rappelant que la victoire finale est acquise, enfin démontrer l’importance de la vie face au relativisme des sociétés modernistes.

Le traitement du sujet de la résurrection par l’apôtre Paul peut être vu comme une édification du peuple chrétien, valable pleinement de nos jours. Face à une culture occidentale déchristianisée, une piqûre de rappel n’est jamais de trop. Relire les propos de l’apôtre au sujet de la résurrection des morts est une aide précieuse d’un point de vue de la compréhension théologique de certains concepts clés du christianisme. C’est aussi et surtout, à l’aide de la prière, mieux comprendre la volonté de Dieu et ce qui est précieux à ses yeux. Cette promesse de la résurrection des morts est une grâce dont nous avons du mal humainement à apprécier la grandeur. Nous sommes aidés par les mots de Paul, qui manifestent depuis 2000 ans la puissance et l’assurance de la victoire finale du Christ. Ces mots manifestent aussi l’importance de la vie, grâce de Dieu, don précieux. Croire en la résurrection des morts n’est pas une option! Croire en la résurrection des morts, c’est croire en la vie telle que l’a voulue l’Eternel.

(1) Samuel Bénétreau, « Corporalité et promesse de la résurrection d’après 1 Corinthiens 6.12-20 », 1992, revue Fac-Réflexion N°21, page 25.

(2) Jean Calvin, Institution de la Religion Chrétienne, Livre II chapitre XVI, éditions Kerygma/Excelsis, page 458.

(3) Jean Calvin, Commentaire biblique Première épître aux Corinthiens, éditions Kérygma, 1996, page 254.

(4) Matthieu Richelle, Comprendre Genèse 1-11 aujourd’hui, 2013, éditions Edifac/Excelsis, page 123.

(5) Matthieu Richelle, Comprendre Genèse 1-11 aujourd’hui, 2013, éditions Edifac/Excelsis, page 176.

(6) Chantal Reynier, Pour lire Saint Paul, 2008, éditions du Cerf, page 79.

(7) Andrianjatovo Rakotoharintsifa, Conflits à Corinthe, 1996, éditions Labor et Fides, page 289.

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4 réflexions au sujet de « Portée et actualité des arguments de Paul face aux Corinthiens incrédules »

    1. satch669 Auteur de l’article

      Salut Béréenne,

      Je suis à Cergy et je suis le programme à distance de la FLTE effectivement.

      Je ne suis pas près de Rome (la seule fois où j’ai mis les pieds en Italie c’était en 1994, ça remonte).

      À part le seul article humoristique que j’ai publié sur ce blog (l’an dernier au 1er avril), je n’écris que ce que je pense être la vérité oui 😉

      Là c’est effectivement un développement un peu plus long qui a nécessité un peu plus de travail que mes articles habituels.

      Sois bénie!

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