Les limites du concordisme

Chères lectrices, chers lecteurs,

nous nous posons aujourd’hui la question de la pertinence (ou pas) de l’approche concordiste de la Bible. Une tentation peut se faire jour de chercher à tout prix des relations entre des épisodes fameux de l’histoire biblique et des données scientifiques et/ou archéologiques. Voyons un peu, à l’aide d’exemples concrets, quelles sont les limites de cette approche.

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Le concordisme, c’est quoi?

Voici la définition donnée par le dictionnaire Larousse: Concordisme – Système d’exégèse qui consiste à interpréter la Bible de manière à la mettre en accord avec les résultats des sciences intéressées (géologie, préhistoire, histoire).

Cette définition laconique nous place devant un premier constat, à savoir que la démarche semble sensée. En effet pourquoi ne pas nous efforcer, en étudiant la Bible, de chercher dans les sciences ce qui pourrait accréditer tel ou tel récit? Comme nous allons le voir avec deux exemples les choses ne sont pas aussi simples, et susceptibles de faire dire à la Bible ce qu’elle ne dit pas.

En avant, Arche!

Le livre de la Genèse nous apprend que « le dix-septième jour du septième mois, le bateau s’échoua dans le massif montagneux de l’Ararat » (Gn 8.4). De nombreuses spéculations ont vu le jour pour expliquer scientifiquement le phénomène du déluge, ainsi que des recherches sur la localisation exacte de l’arche. Concernant la localisation de l’arche rien, à part une « anomalie d’Ararat » vaguement en forme d’arche et le site de Durupinar, n’a jamais été trouvé de probant. Au sujet du déluge lui-même de nombreuses théories ont été échafaudées, de la plus sérieuse à la plus loufoque.

La question que nous pouvons nous poser est de savoir si cet intérêt pour une archéologie biblique antédiluvienne n’efface pas la portée du message biblique voir l’expose au monde, réduisant la foi en l’Éternel à une chasse à la relique. Le Seigneur n’est pas un grigri, une chasse au trésor ou que sais-je.

La fuite d’Egypte – La traversée de la mer

Le récit de l’Exode se veut sobre, « Moïse étendit sa main sur la mer, et l’Éternel fit souffler sur elle pendant toute la nuit un violent vent d’Est, qui refoula la mer de sorte que les eaux se fendirent et que le fond apparut » (Ex 14.21). Les théories historico-scientifiques pour tenter de faire coïncider le récit biblique avec des faits connus sont nombreuses. Par exemple certains « chercheurs » pensent que l’explosion du cratère de l’île de Santorin en 1600 avant notre ère a pu provoquer une onde de choc en méditerranée et en Egypte telle qu’une masse d’eau colossale aurait dans un premier temps quitté une étendue de la mer rouge, avant de revenir sous forme de tsunami. Ceci expliquerait le miracle, à savoir que les israélites auraient traversé à pied sec en profitant du retrait d’eau lié à la déflagration du volcan, et les égyptiens auraient essayé de traverser mais se seraient trouvé nez à nez avec la vague du tsunami qui a suivi.

Dans le cas de la traversée de la mer par les israélites, se creuser de trop la tête sur ce qui a généré ce retrait des eaux puis la vague fatale aux égyptiens revient ni plus ni moins qu’à nier le miracle de l’Éternel. Par définition un miracle ne s’explique pas. Oui, peut-être l’explosion de l’île de Santorin a été le moyen choisi par Dieu pour arriver à son objectif, à savoir faire traverser son peuple, mais peut-être pas. Quel que soit le phénomène, ce qu’il faut retenir est que la volonté de l’Éternel a permis à son peuple de quitter la terre d’oppression qu’était l’Egypte. L’apôtre Paul à travers la première lettre aux Corinthiens et par l’Esprit Saint qui a inspiré sa plume, indique les leçons pour notre foi a tirer de cet épisode de l’histoire du peuple hébreu, « ils ont donc tous, en quelques sorte, été baptisés ‘pour Moïse’ dans la nuée et dans la mer. Ils ont tous mangé une même nourriture spirituelle. Ils ont tous bu la même boisson spirituelle, car ils buvaient l’eau jaillie d’un rocher spirituel qui les accompagnait; et ce rocher n’était autre que le Christ lui-même. Malgré tout cela, la plupart d’entre eux ne furent pas agréés par Dieu, puisqu’ils périrent dans le désert » (1 Co 10.2-5). Cet avertissement ne vaut-il pas tous les pinaillages sur l’endroit exact et le moyen choisi par l’Éternel pour accomplir ses miracles?

Alors, c’est bien ou pas bien le concordisme?

Les deux exemples que j’ai choisi montrent les limites d’une approche concordiste des textes de la Bible. D’un côté, le discrédit est porté sur l’objet de la foi chrétienne, qui peut-être perçue comme une simple chasse à la relique, car une preuve terrestre d’un événement passé, c’est bien l’équivalent d’une relique! D’un autre côté, le concordisme retire la primauté du miracle, qui ne revient qu’à l’Éternel. Le miracle est inexplicable, l’a toujours été et le sera toujours, c’est bien ainsi qu’on définit un miracle. Chercher à tout prix une explication d’un phénomène divin dans le champ de nos connaissances revient à réduire les miracles de l’Éternel à de simples exploits scientifiques et humains, ce qu’ils ne sauraient être. Les miracles de Dieu sont bien au delà de la démonstration de foire, ils témoignent de la majesté et de la gloire de celui qui a tout créé.

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