Riss, dessine-moi un mouton!

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Chères lectrices, chers lecteurs,

(très!) brève réflexion au sujet d’un petit sujet d’actualité récent. Comme vous le savez sans doute, le dessinateur de Charlie Hebdo Riss s’est dernièrement attiré les foudres d’une partie des médias avec un dessin mettant en scène le petit Aylan (jeune réfugié syrien décédé à l’age de trois ans en septembre dernier) et ce qu’il serait devenu si il avait grandi. Le dessin le montre entrain de courser des allemandes, référence aux récentes échauffourées survenues lors du nouvel an à Cologne. Le dessin précise qu’il serait devenu « tripoteur de fesses en Allemagne » pour reprendre les termes exacts.

Il est où Charlie?

La journaliste Nathalie Saint-Cricq avait claironné suite aux attentats de janvier 2015 qu’il fallait « repérer et traiter ceux qui ne sont pas Charlie ». Nous étions alors entrés en ce début d’année 2015 en plein « charlisme ». Charlie par-ci, Charlie par-là. Bref, le « Charlie spirit », tel un vent salutaire, semblait avoir gagné l’hexagone.

Un an après, force est de constater qu’il semble que le journal satirique a un peut trop étendu son lectorat. En effet je trouve étonnant que cet élan en faveur de l’irrévérence, de la satire, de la liberté de penser, laisse place à une indignation au moindre dessin irrévérencieux. Peut-être ce dessin de Riss a-t-il étonné et choqué le nouveau lectorat du journal, qui s’était peut-être fait une image bonne enfant de sa ligne éditoriale.

Un an après les attentats de 2015 être Charlie revient donc à faire la chasse aux sorcières contre ceux qui ne sont pas Charlie et s’indigner comme des vierges effarouchées au moindre dessin un peu trash? Je sais pas où est Charlie (et je m’en fiche pas mal), mais la liberté d’expression, elle, en a pris un sacré coup sur la casquette alors que nous étions sensés la célébrer.

Dessine-moi un mouton!

Voici bien ce que nous voulons finalement, l’épisode du dessin du mouton (que l’aviateur dessine dans une boite) du Petit Prince est une belle illustration. Un peu comme l’aviateur beaucoup de médias veulent des boites. Il faut que l’oeuvre (quelle qu’elle soit) soit une boite, avec une étiquette, mais il ne faut plus voir le contenu. Une boite avec une étiquette c’est bien, on voit sur l’étiquette ce qu’il y a dans la boite, mais on a pas directement à faire face au contenu.

C’est un peu pareil avec le dessin de Riss. On veut du Riss. On veut du Charlie. Mais, s’il vous plait, juste l’emballage, juste la signature. Le contenu? Cachez-le bon sang!

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