La peine de mort

Chères lectrices, chers lecteurs,

si vous suivez les réseaux sociaux les plus populaires sans doute avez vous remarqué que beaucoup de voix s’élèvent pour prôner le rétablissement de la peine de mort. La triste actualité criminelle de ces dernières années n’est pas étrangère à ces propos, disons plutôt à ces « like » de panneaux Facebook demandant le retour de la peine capitale.

Cet article va aborder la peine de mort en essayant d’éliminer tout facteur émotionnel. Nous allons nous attacher à rester dans le cadre de la réflexion logique.

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Les mauvaises questions

Selon moi la plus mauvaise question à se poser quand on évoque le bien-fondé ou pas de la peine de mort est: « Un violeur tueur d’enfant mérite-t-il la peine de mort? ». Cette question n’a aucun sens dans le débat et fait intervenir une situation particulière dans une discussion générale. De plus, même en cas de peine de mort effective, elle est du ressort d’un jury particulier, dans un cas particulier, mais ne répond pas dans l’absolu à la question générale de le peine de mort.

Autre mauvaise question, ou propos, « de toute façon les violeurs récidivistes sont irrécupérables, si on les tue pas on en fait quoi? ». Hors propos. C’est un sujet primordial certes mais qui ne porte pas sur la nature de l’acte de tuer un homme ou une femme pour un crime.

La faillibilité de la justice

Le premier argument raisonnable que j’oppose à un rétablissement de la peine de mort est la faillibilité de la justice. Les erreurs judiciaires existent. Je serai donc bref sur ce point, mon argument est simple: on ne peut pas recoller une tête, la peine de mort est irréversible. Ce seul point devrait en principe montrer que la peine de mort est infondée.

Quand j’évoque la faillibilité de la justice, on m’avance souvent le contre argument suivant: « Bon, si y-a un doute OK, on peut pas tuer l’accusé. Mais si on est vraiment certain que le mec est coupable? »

Les deux larrons

Cette remarque d’un pro peine de mort n’est pas idiote, c’est, du point de vue d’un partisan de la peine capitale, un argument logique. A ceci j’oppose un argument fondé sur un cas d’école. Prenons le cas d’un système où la peine de mort est appliquée, sauf en cas de doute sur la culpabilité. C’est annexe à mon argument, mais dores et déjà notons que le doute est relatif. A quel point doit-on douter d’une accusation pour acquitter un individu?

Revenons à nos moutons, imaginons nous dans un système avec peine de mort. Deux individus se font arrêter dans des affaires bien distinctes de viol sur enfant suivi de meurtres, donc passibles de peine capitale. Les deux individus sont coupables des leurs crimes.

Individu A: Arrêté facilement, a laissé énormément d’indices prouvant d’une manière certaine sa culpabilité.

Individu B: Arrêté moins facilement, n’a laissé aucun indice probant de sa culpabilité. Seule une longue enquête de quartier est parvenue à l’identifier.

En prenant le raisonnement qu’on me soumet quand j’évoque la faillibilité de la justice et qui consiste à appliquer la peine de mort uniquement en cas de culpabilité certaine et prouvée, l’individu A montera sur l’échafaud et non l’individu B. C’est là où réside l’incohérence de la peine de mort, même conditionnée à la certitude absolue de la culpabilité. En effet, dans ce cas théorique le système revient à ne pas appliquer la peine de mort au tueur le plus professionnel, l’individu B, qui aura su ne pas laisser d’indice. En clair, plus on sait maquiller ses crimes, plus on est appliqué dans l’horreur, moins on a de chances d’être exécuté.

La peine de mort n’est donc bonne qu’à sanctionner les tueurs négligents, qui laissent trop de preuves et dont la culpabilité est absolument certaine. Plus le tueur est bon, moins il laisse d’indice. Moins il laisse d’indices, moins sa culpabilité est certaine. Moins sa culpabilité est certaine, moins il a de chances d’être exécuté. En reprenant, plus un tueur est bon, moins il a de chances d’être exécuté.

Ceci est un argument d’une logique imparable contre la peine de mort, montrant son incohérence.

On fait quoi?

J’ai toujours été favorable à la perpétuité réelle. C’est à mon sens la seule solution viable. Ne croyez pas qu’être contre la peine capitale est un signe le laxisme. Ce n’est pas non plus un manque de compassion envers les victimes d’atrocités. Laxisme et manque de compassion, c’est la caricature que les pro peine de mort font des abolitionnistes.

A l’origine je voulais faire un article d’un point de vue chrétien mais j’ai jugé plus pertinent de séparer ma foi de mon raisonnement. Quand bien même on inclut le facteur chrétien dans le débat, on se rend compte que les évangiles ne parlent pas de la peine de mort, cependant il est mentionné qu’une des plus grandes valeurs chrétienne est le pardon. A quoi bon pardonner à un mort?

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